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Dinu Lipatti
Il joue du piano avant de savoir sourire
et donne des concerts de bienfaisance à l’âge
de quatre ans… C’est un musicien né au talent
exceptionnel. Nombreux d’ailleurs sont ceux qui estiment que
son doigté et son génie étaient surnaturels,
son inspiration, d’ordre divin.
La musique lui tiendra lieu d’école et plusieurs maîtres
se succéderont auprèsde lui. C’est d’abord
Florica Musicescu qui lui enseigne le piano, l’aidant à développer
sa technique et son toucher magiques. Ce sera ensuite Alfred Cortot
qui l’invite à Paris où il travaille la direction
d’orchestre avec Charles Münch, la composition avec Paul
Dukas puis avec Nadia Boulanger,
la mère spirituelle qui deviendra son amie et avec laquelle
il enregistre son premier disque.
Lipatti doit rentrer en Roumanie au début de la guerre. En
1943, en compagnie de sa fiancée Madeleine Cantacuzène,
il fuit et s’installe à Genève où sa réputation
de pianiste et de professeur au Conservatoire de Musique croît
rapidement. Mais le pianiste, fragile depuis l’enfance, est
déjà malade. S’il doit renoncer aux tournées,
trop éprouvantes, il fera toutefois plusieurs enregistrements à Londres
entre 1946 et 1948.
Sa santé s’aggrave, mais en 1950, il connaît
un sursis de quelques mois. Grâce à la cortisone qui
lui redonne provisoirement ses forces et à la générosité de
ses amis qui lui offrent le Steinway dont il a toujours rêvé,
il pourra enregistrer son testament musical. Le 15 septembre, malgré son état
alarmant, Dinu Lipatti veut tenir sa promesse et jouer au festival
de Besançon. Ce sera son dernier concert. Pressent-il son
destin ? Profondément croyant, il ne se révolte pas,
lutte, mais accepte sa destinée avec sérénité.
De retour à Chêne-Bourg, il s’alitera pour ne presque
plus se relever. Le 20 novembre 1950, chez lui, il jouera un dernier
morceau avant de refermer son piano pour toujours. Le 2 décembre,
la leucémie a raison de Dinu Lipatti. |
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